Polynésie, Tahiti et ses îles, Voyage

Rimatara, l’île méconnue de Polynésie

Rimatara , l'île méconnue de Polynésie. Sites naturels, artisanat, vie insulaire aux Australes !

Rimatara est une toute petite île de même pas 9 km2 dans l’archipel des Australes, en Polynésie. Préservée du tourisme de masse et peu visitée des touristes locaux, elle mérite son surnom d’île méconnue de Polynésie. J’y suis allée pour la première fois cet été et j’ai été bluffée par la beauté et les richesses de cette île ! Attachez vos ceintures, c’est parti !

Pourquoi être allée à Rimatara ?

2019 est l’année où l’Amoureux a enfin découvert mon pays, la Polynésie. Au moment de préparer le programme de notre séjour de 3 semaines (enfin, 3 semaines pour lui), je me suis demandé comment concilier 2 profils de voyageurs opposés : un Métropolitain qui met les pieds ici pour la première fois, et une Tahitienne qui a déjà pas mal vadrouillé dans les îles. Enfin, « pas mal ». Même si je suis Tahitienne, jusqu’en 2018, même si j’ai été dans beaucoup d’îles (merci Papa et Maman ❤️), je n’avais jamais mis les pieds ailleurs que dans les archipels de la Société et des Tuamotu. Sur les 5 archipels de la Polynésie, il y en a 3 qui m’étaient toujours inconnus, à savoir les Marquises, les Gambier et les Australes.
Les Marquises sont l’archipel que je rêve de visiter depuis toujours — entre autres parce que j’ai des origines marquisiennes — mais c’était pour moi un peu « prématuré » pour l’Amoureux pour des raisons personnelles. Je lui ai donc proposé d’aller aux Australes pendant 5 jours (pas plus longtemps pour des raisons de planning et d’obligations professionnelles) et de combiner 2 îles : soit Tubuai/Raivavave, soit Rurutu/Rimatara. Les duos étaient imposés par le programme des vols de la compagnie Air Tahiti et nos contraintes de calendrier. On a choisi ensemble le dernier duo, Rurutu et Rimatara, entre autres parce que l’Amoureux souhaitait voir des baleines à bosse et que Rurutu est l’île la mieux indiquée pour ça 🙂

Nous voici donc début juillet. Le 1er juillet 2019. Il est 6h. Mon père, l’Amoureux et moi venons d’enregistrer nos bagages et de passer le contrôle de sécurité avant la salle d’embarquement. À 6h30, nous sommes assis dans l’avion, ceintures bouclées. À 6h50, avec un peu de retard, nous décollons…

Petite anecdote avant de continuer : au contrôle de sécurité, un des agents me demande si je viens des Marquises en raison de mon nom. C’est un signe qu’il faut vraiment que j’y aille, non ? 😉

Arrivée et tour de l’île

L’heure matinale est propice à une petite sieste dans l’avion. De quoi finir la nuit entrecoupée par le décalage horaire. Je n’arrive pas à fermer l’oeil. Heureusement, j’ai de quoi assouvir ma curiosité grâce au magazine d’Air Tahiti. Chaque trimestre, une île est mise à l’honneur, et comme le hasard fait bien les choses, c’est Rimatara qui fait la une. Je ne vois pas l’heure tourner et déjà Rurutu apparaît par le hublot. On fait une brève escale. L’appareil se vide et se remplit à nouveau, cette fois avec des couronnes de fleurs qui embaument tout l’habitacle. On est bien aux Australes, mon coeur s’emballe. Tiens, une rime. Deviendrais-je poète ? Encore un petit soubresaut et nous approchons de Rimatara. Elle semble être un caillou vert perdu au milieu de l’océan.

On débarque. L’Amoureux découvre les aéroports des îles. Le terme aérodrome est plus approprié vu la taille. Ici, pas de distinction entre voyageurs et accompagnateurs, ni entre le départ et l’arrivée. Le gérant de la pension Ueue nous accueille. J’apprendrai un peu plus tard qu’il gère la municipalité en plus de la pension. Mon père le connaît bien car sa pension était son QG lors de ses missions professionnelles à Rimatara. Nous sommes donc 3 voyageurs aux profils totalement différents : l’Amoureux, dont c’est le 1er voyage en Polynésie, moi qui suis originaire de Tahiti mais ne connaît pas les Australes, et mon père qui a été quasiment PARTOUT en Polynésie !

Dès la sortie de l’aéroport, dans le 4×4 de la pension, j’ai les yeux bien grands ouverts, comme lorsque je voyage dans un nouveau pays. La terre rouge et fertile, la route qui serpente comme un chemin de montagne, les champs de taro : je suis bien en terrain inconnu. Rimatara, me voici, prête à te découvrir.

Après avoir posé nos affaires dans nos bungalows, la belle-fille du gérant nous emmène faire le tour de l’île, une boucle de 9km. On passe par les 3 villages de l’île : Amaru (le chef-lieu), Anapoto et Mutuaura. On repère les endroits où manger, un magasin, les plages, les temples. C’est bon, on est prêts pour être livrés à nous-mêmes, à vélo ou e voiture. Oui, on a même le droit d’emprunter le 4×4 de la pension pour nous déplacer ! Notre première initiative : retourner à Mutuaura pour déjeuner au snack. Au programme : sashimi de thon, steak frites et chao men (plat chinois). Le tout avec des sauces et portions typiquement locales ! Et bon appétit !
Des travailleurs arrivent peu après nous pour déjeuner, certains avec leur famille. Le snack affiche complet, les assiettes défilent. Je comprends aux yeux de l’Amoureux qu’il est impressionné par l’appétit des Polynésiens et ça me fait rire. Autant en Métropole je suis la gourmande de service, autant dans les îles, je suis une petite joueuse.

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La baie de Mutuaura

Une fois le repas terminé, on retourne à la baie de Mutuaura, à 20 mètres du snack. Il y a là la plus longue (1000m) et l’une des plus belles plages de Rimatara, mais en juillet, c’est l’hiver austral. Le mara’amu, le vent frais des mers du sud souffle. C’est bon, l’Amoureux me croit quand je dis qu’il faut se couvrir en juillet. Il est aussi ébloui par la couleur turquoise cristalline. Ici, pas besoin de pousser les curseurs « saturation », les couleurs naturelles en mettent plein les yeux. À Mutuaura, on passe aussi devant un cimetière et le temple de Mutuaura construit en 1857.

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La fameuse baie des vierges

On l’a aperçue le matin pendant le tour de l’île, mais on devait absolument y retourner : la baie des vierges. C’est le site naturel le plus connu de Rimatara. J’en entends parler depuis si longtemps, j’avais hâte de voir ça de plus près. D’après la légende, les jeunes filles venaient se baigner ici et les jeunes hommes venaient les épier. Une image vaut mieux que mille mots donc je vais vous laisser découvrir par vous-même cet endroit vraiment merveilleux. Nous avons tous les 3 escaladé les amas de roche volcanique pour changer de point de vue. Un conseil : prévoyez de bonnes chaussures pour les Australes. Nous avions prévu le coup et elles se sont avérés bien utiles ici. Au début, j’ai gardé mes savates (mes tongs, mais en Polynésie on dit savates 😉 ), et j’ai clairement failli me ramasser. J’aurais pu m’ouvrir le menton, donc même si ça semble logique, je suis bien placée pour vous dire : mettez des chaussures pour monter sur les rochers. Vous verrez, vous serez bien récompensés par le sublime panorama turquoise !

Pour profiter du coin pour se baigner, je vous conseille de venir pendant l’été austral (ou saison des pluies — plus d’explication dans ce guide), c’est-à-dire entre décembre et mars-avril. Les locaux ne se baignent pas pendant l’hiver austral et sont tous emmitouflés, et on a fait pareil, même l’Amoureux ! Autre conseil, mais vous verrez bien sur place : je trouvais le courant assez impressionnant. Je conseillerais donc de se baigner plutôt en restant au bord de l’eau, à un endroit où vous avez pied. Je dis ça, mais peut-être que pendant la saison des pluies, le courant n’est pas aussi fort.

Une jetée était en cours de construction juste à côté, à 100m à peine. J’étais d’abord triste de voir l’environnement détruit, mais on nous a expliqué qu’elle sera utile pendant la saison où les bateaux ont du mal à accoster au port de Rimatara à cause de la très forte houle, comme c’était le cas lors de notre séjour. Justement, en parlant du port, allons-y !

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Aller jusqu’au port, derrière l’aéroport

Pour la fin de journée, vers 16h30, l’Amoureux et moi sommes partis au port à vélo. La route longe la piste de l’aéroport, légèrement en contrebas. Piste d’un côté, vagues qui s’écrasent sur des rochers de l’autre. La route était donc complètement au vent. À l’aller nous roulions sous le vent. On a croisé pas mal d’habitants en voiture, camionnette ou scooter. Ils avaient un intérêt plus grand que nous : récupérer des commandes et ravitaillements du Tuha’a Pae. Le Tuha’a Pae, c’est le cargo-mixte qui dessert toutes les îles des Australes. D’ailleurs, son nom est celui de l’archipel. Il arrive le lundi matin à Rimatara et repart en début de soirée, à 18h, si tout se passe bien. La journée, il débarque des gens, mais surtout des marchandises, des vivres, du carburant, et tout ce qu’il faut pour vivre loin de tout. Il ne passe pas toutes les semaines mais qui il vient, toute la population de l’île, soit environ 900 personnes, se retrouve au port.

Nous sommes arrivés en fin de journée donc l’activité liée au bateau était finie, et nous l’avons juste aperçu au loin. La houle était trop forte ce jour-là et toutes les marchandises n’ont pas pu être débarquées. Il allait donc à la jetée de la baie des vierges finir son travail, avant de reprendre la mer pour Rurutu. De notre côté, nous avons encore été jouer les casse-cous sur les rochers. Pas très longtemps à cause du vent. Sur la jetée, un père et son fils pêchaient. Au large, des hommes s’entraînaient au va’a ho’e, les pirogues polynésiennes à 1 place. Un tractopelle, qu’on appelle simplement case comme la marque, faisait un tas du sable livré par le Tuha’a Pae. On regarde, on fait le tour du port. On prend notre temps. On se met au rythme des îles. Et d’un coup, une averse. Vite on s’abrite sous un arbre même s’il n’est pas très feuillu ! C’est bon, la pluie cesse. On peut rentrer. On est cette fois contre le vent et fatigués. Autant vous dire qu’avec la force du mara’amu, on n’avançait pas très vite.

C’est notre première soirée à Rimatara. La première soirée dans les îles (hors Tahiti) de l’Amoureux. Si on pensait avoir bien mangé le midi, on ne savait pas ce qui nous attendait. À la pension Ueue, vous pouvez être sûr.e d’une chose : vous ne mourrez pas de faim ! 4 à 5 plats pour nous trois, on était dégoûtés de devoir laisser des restes…

Rimatara , l'île méconnue de Polynésie. Sites naturels, artisanat, vie insulaire aux Australes !
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Artisanat et CJA

La culture et le tressage du pandanus

Mardi 2 juillet 2019. Rimatara est réputée pour ses paniers tressés en pandanus (une plante tropicale aux feuilles très longues), donc on a décidé de faire un atelier d’initiation avec Nelly. On a appris comment sont fabriqués les rouleaux de pandanus, depuis la cueillette jusqu’au rouleau de pandanus séché. On a ensuite fabriqué des éventails, puis déjeuné sur la plage, à quelques dizaines de mètres de la maison de Nelly.
On a tous les 3 vraiment apprécié cette matinée ! Je vous en parle donc plus en détail dans cet article avec beaucoup de photos. Vous découvrirez ainsi un peu plus l’artisanat des Australes 🙂

On a réservé l’activité directement auprès de la pension Ueue. Ils se sont chargés d’appeler Nelly pour réserver un créneau, et de nous emmener. Il se trouve qu’elle est la mère de la belle-fille du gérant de la pension. Quand on dit que tout le monde se connaît dans les îles 😉 De mémoire, l’atelier tressage du pandanus coûte 3500 FCP/pers (environ 30€/pers), ou 5000 FCP/pers (environ 42€/pers) avec le déjeuner sur la plage.

On a vraiment apprécié cette matinée et ce déjeuner !

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La formation des jeunes au CJA des Australes

Après ce déjeuner très copieux, nous avons visité le CJA de Rimatara, le Centre pour Jeunes Adolescents, un établissement d’enseignement primaire et secondaire. Il y en a dans tous les archipels de la Polynésie, et celui de Rimatara accueille les jeunes de toutes les îles des Australes. Ici, on forme les jeunes à des métiers manuels, du secteur primaire. Ce sont généralement des jeunes qui ont du mal avec les méthodes des cursus scolaires classiques, ou bien qui veulent travailler dans les domaines de formation du CJA. Agriculture, sculpture, tressage et vannerie, couture, cuisine : les jeunes sont confrontés à une vision concrète de la vie active et à des applications utiles des mathématiques par exemple.

Nous avons vu des jeunes des sections sculpture et vannerie. En sculpture, un jeune homme réalisait un ‘umete (sorte de grand saladier, contenant) en miro (bois de rose). Il avait la forme typique des ‘umete des Australes. Eh oui, chaque archipel a ses propres particularités en terme de langue, de gastronomie, mais aussi d’artisanat. Le professeur, un Polynésien ingénieur de formation qui a fini par revenir au travail manuel, nous a présenté d’autres projets, et LE grand projet de fin d’année : une armoire. Ce qu’il aime dans l’enseignement de la sculpture, c’est voir les élèves comprendre l’utilité des mathématiques et différents enseignements de l’école. Il y a enfin du sens pour eux. Au final, n’est-ce pas la conquête de chacun, trouver du sens ? 🙂

Alors que dans la section sculpture, il n’y a que des hommes, nous n’avons retrouvé que des filles (ou presque) en vannerie. Après l’atelier de la matinée, on comprend bien la difficulté et la valeur de leur travail ! Assises par terre sur des nattes tressées (sûrement par elles), les élèves réalisaient des paniers, la spécialité de Rimatara. Il y en avait aussi exposés que j’avais bien envie d’acheter, tant ils étaient beaux ! Il y en avait de plusieurs tailles, plusieurs formes, plusieurs couleurs. Difficile de faire un choix. Et encore, les filles m’ont dit qu’il n’y avait plus beaucoup de paniers là, la grande majorité étant partis à Tahiti pour le Heiva rima’i, la plus grande expo-vente d’artisanat de Polynésie qui a lieu tous les ans la première quinzaine de juillet.

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Observer le vini ‘ura, la perruche rouge de Rimatara

Une fois rentrés à la pension après cette longue journée consacrée à la découverte de l’artisanat local, on se repose un peu avant d’aller observer des vini ‘ura, les perruches de Rimatara. Cet oiseau vert et rouge est vraiment l’emblème de l’île, on les retrouve partout ! Même si on ne s’est pas renseigné dessus auparavant, on ne peut pas manquer les panneaux à la sortie de l’aéroport et un peu partout sur l’île, et les oiseaux rouges représentés sur les arrêts de bus, les façades d’école, etc. Ces perruches, de leur nom scientifique « Lori de Kuhl » sont une espèce mondialement menacée, en particulier par le rat noir. Pour lutter contre l’extinction de l’espèce, 27 vini ‘ura ont été réintroduits en 2007 sur l’île d’Atiu aux îles Cook, à quelques centaines de km à l’ouest. De plus, à chaque arrivée du Tuha’a Pae, le bateau est d’abord fouillé par un chien détecteur de rat avant tout débarquement. Un 2ème chien chasseur de rat se trouve à Ua Huka, aux Marquises, également pour protéger une espèce d’oiseau endémique.

Les Rimatara (personnes de l’île éponyme) sont très doués pour apercevoir les vini ‘ura. Souvent, notre hôte nous criait en voiture « Vini ‘ura ! Là-bas ! », et on avait beau scruter dans la même direction, on les voyait difficilement. Je voulais donc faire une sortie d’observation de l’oiseau, mais pas de chance, le guide était malade ce jour-là. On a donc été derrière la pension, un peu en hauteur, au milieu des arbres, pour tenter de les voir en fin de journée. Apparemment, c’est au coucher du soleil qu’on les aperçoit facilement dans les arbres. On n’était pas très doués et il a plu un petit peu, donc nous sommes rentrés bredouilles ce soir-là. À part entendre leurs pépiements sans les apercevoir, ou bien voir des tâches rouges fendre le ciel, nous n’avons pas pu bien les voir.

Je retente ma chance le lendemain matin, au lever du soleil. Cette fois, j’ai un tout petit peu plus de chance. Je les vois sans qu’ils bougent trop, mais ils sont trop loin. J’ai alors un objectif 70-200mm, mais c’est insuffisant. Si vous comptez prendre des photos des vini ‘ura, je vous conseille de pousser au moins à 400mm. Je vous laisse deviner où sont les oiseaux sur la dernière photo. Un indice : cherchez la tâche rouge !
Je vous ai aussi mis quelques photos des environs et des animaux domestiques locaux 😉

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La vie religieuse de Rimatara

Pour cette dernière matinée à Rimatara, l’Amoureux et moi avons fait une dernière balade à vélo. Nous sommes retournés à Mutuaura, avec un arrêt prolongé au temple de Mutuaura. Ce temple protestant témoigne de la religion dominante ici. Il faut savoir que les protestants sont les premiers missionnaires européens à avoir établi leur religion en Polynésie. Pas étonnant donc de voir des temples partout. Si vous êtes dans les îles le week-end, je vous conseille d’assister à un culte. Vous verrez alors les superbes tenues des gens (et les chapeaux, quelle beauté !!) et entendrez des chants magnifiques qui vous tireront sûrement quelques larmes. En Polynésie, la religion est pratiquée de manière beaucoup plus joyeuse et lumineuse qu’en Europe 🙂
Pour les catholiques, j’ai demandé à des enfants dans le coin, et il y a une église en hauteur à Mutuaura. N’hésitez pas à demander votre chemin aux locaux si vous voulez y aller !

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La culture du taro

Nous sommes rentrés par la route traversière depuis la baie de Mutuaura. Ah oui j’ai oublié de vous expliquer : il y a une route d’environ 9km tout autour de l’île, et une route traversière (qui passe, comme son nom l’indique, à travers l’île). Par la route traversière, on travers les champs de taro, des tubercules riches en fluor et dont JE RAFFOLE ! On en mange souvent voire tout le temps dans les repas traditionnels (ma’a tahiti), et on en trouve même dans plusieurs plats « chinois de Tahiti ». Ces tubercules poussent très bien à Rimatara et Rurutu, la terre est tellement fertile et ça se voit à sa couleur rouge (riche en fer).

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Quelques photos en vrac

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Panneau explicatif sur le vini 'ura, la perruche de Rimatara
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Le long de la baie de Mutuaura
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Les poubelles de tri aux couleurs locales
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Arrêt de bus avec l'emblême de l'île, le vini 'ura
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Du coprah : la chair de noix de coco séchée au soleil pour en faire de l'huile
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Ma'a tahiti (repas traditionnel) après l'atelier de vannerie
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Une partie du ma'a tahiti : lait de coco, taro, banane
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Un de nos copieux repas du soir à la pension Ueue

Voyager à Rimatara : Infos pratiques

Aller à Rimatara

Il y a 2 façons d’aller à Rimatara : soit par avion avec la compagnie Air Tahiti, soit par bateau à bord du Tuha’a Pae pour une croisière de plusieurs jours dans tout l’archipel des Australes.

Par avion, vous pouvez combiner Rimatara avec Rurutu en vol direct. Vous trouverez le programme des vols sur le site d’Air Tahiti. Grâce au programme « Séjour dans les îles » de la compagnie, vous pouvez réserver vols + hébergements, et ceux pour plusieurs îles. Cela vous garantit d’avoir des solutions de secours en cas de pépin avec les vols et/ou hébergements. En plus, vu qu’en Polynésie il vaut mieux appeler pour réserver quelque chose, c’est plus simple de confier la tâche à un agent sur place (donc Air Tahiti). Ou sinon vous pouvez passer par une agence de voyage. Personnellement, je suis toujours passée par Séjour dans les îles pour les réservations vols + hébergements. Ici, c’est mon père qui a fait la démarche sur place à leur agence de Papeete entre février et avril.

Par bateau, vous pouvez visiter tout l’archipel (Rimatara, Rurutu, Tubuai, Raivavae, Rapa) en 10 jours ou bien les 4 premières îles en 7 jours. Notez que Rapa est la seule île des Australes desservie uniquement par le Tuha’a Pae. Vous trouverez toutes les informations (tarifs et programme des rotations) sur le site du Tuha’a Pae. Allez faire un tour sur le blog Mel loves travel si vous cherchez des retours d’expérience sur le voyage en Tuha’a Pae 🙂

Où dormir ?

Rimatara compte 2 pensions de famille pour seuls hébergements conventionnés. Les pensions de famille sont le mode d’hébergement le plus répandu, un mix entre B&B et petit hôtel de famille. La plupart des pensions de famille propose a minima la demi-pension (petit-déjeuner et dîner), et je vous recommande de prendre l’hébergement avec demi-pension.

Il y a 2 pensions de famille à Rimatara : la pension Ueue, où nous avons séjourné, et la pension La Perruche Rouge. La pension Ueue se situe dans le village d’Amaru, possède 4 bungalows, propose une solution pour déjeuner (en prévenant la veille) et a le wifi sur la terrasse commune. La pension La Perruche Rouge propose aussi 4 bungalows et est plus en hauteur, proche de l’aéroport.

Où manger ?

Dans les pensions, vous avez le petit-déjeuner et le dîner. Le midi, vous pouvez déjeuner au snack de Mutuaura, faire des courses au magasin d’Amaru, manger lors d’excursions ou les ateliers tressage et monoi. La pensions Ueue propose en option un déjeuner. Se renseigner auprès de la Perruche Rouge si vous y logez. Enfin, Rimatara étant très fertile, il y a des arbres fruitiers partout et il n’est pas rare de voir beaucoup de fruits sur les pamplemoussiers, bananiers et autres. N’hésitez pas à aller en cueillir et, bien sûr, à demander l’autorisation si c’est sur un terrain privé.

Comment se déplacer ?

Rimatara n’est pas bien grande : moins de 9 km2 et 9km de tour de l’île. On se déplace donc facilement à pied ou à vélo. Attention : sur la plupart des vélos en Polynésie, on freine en rétro-pédalant. Vous aurez la chance d’avoir des vitesses si vous en louez à la pension La Perruche Rouge.

Quand aller à Rimatara ?

Comme je l’ai dit dans l’article, l’été dans l’hémisphère nord, c’est-à-dire entre juin et septembre, correspond à l’hiver austral. Rimatara étant l’une des îles les plus au sud donc plus proche du pôle, les températures sont plus fraîches qu’ailleurs en Polynésie. Je vous suggère de venir plutôt entre décembre et mars.  Consultez mon guide pratique sur la Polynésie pour comprendre les saisons et organiser votre séjour.

À savoir

Il n’y a pas de distributeur de billet sur l’île et tout se paie en espèces. Pensez à retirer de l’argent liquide avant d’aller à Rimatara.

Comme partout, faites attention lorsque vous vous installez sur la plage : levez la tête pour vérifier que vous n’avez pas de coco au-dessus de la tête. S’il vous en tombe dessus, ça peut être mortel !

Les installations de l’aéroport sont sommaires, seul le poids des bagages est vérifié. Vous pouvez donc aisément acheter un chapeau ou un panier, on ne vous tiendra pas rigueur s’il ne rentre pas dans vos affaires.

Que faire à Rimatara ?

Je vous présente toutes les activités que nous avons faites à Rimatara, mais il y en a d’autres. Voici une liste peut-être non exhaustive des choses à voir et à faire:

  • la baie des vierges
  • la baie de Mutuaura
  • les champs de taro
  • le port lors de l’arrivée du cargo Tuha’a Pae
  • observer les perruches rouges avec un guide
  • faire un atelier d’initiation au tressage de pandanus (+ repas traditionnel sur la plage)
  • faire un atelier monoi (+ repas traditionnel sur la plage)
  • visiter le CJA
  • goûter du remu (une algue)
  • faire le tour de l’île à vélo
  • le temple protestant de Mutuaura et ses fenêtres en ogive
  • aller pêcher avec les locaux
  • pique-niquer sur la plage
  • observer les baleines d’août à octobre

Pour les activités et excursions avec un prestataire, renseignez-vous auprès des pensions.

On a adoré Rimatara ! Cette toute petite île vaut bien le détour, que ce soit pour le vini ‘ura, les sites naturels, l’artisanat ou encore la nourriture (je vous ai dit qu’on y mange très bien ? 😇), vous y trouverez une façon de vivre sereine, au rythme de la nature et très très loin du tourisme de masse ! Alors, est-ce que vous avez envie d’y aller maintenant ? 🙂

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