Guide de voyage, Polynésie

Voyager en Polynésie : Guide pratique d’une locale

La Polynésie française est souvent voire toujours vue comme un doux rêve quasi inaccessible pour la plupart des touristes, et à juste titre. Heureusement, très récemment, deux nouvelles compagnies ont annoncé desservir ce territoire du bout du monde, ce qui rend un peu plus concret ce rêve et qui me permet de vous « vendre » mon pays avec l’espoir que vous puissiez y aller sans vendre 3 reins.

Je vous livre dans ce guide tous mes conseils en tant que Polynésienne et j’espère qu’ils vous seront utiles au moment opportun. Je ne répondrai pas directement à la question « Combien ça coûte, un voyage en Polynésie ? » parce que tout dépend de votre façon de voyager, de l’occasion (voyage en famille, étape de tour du monde, voyage de noces, visite à des amis, etc), mais je vous apporte tous les éléments de réponse possibles 🙂

La Polynésie en bref

La Polynésie française est située au milieu du Pacifique sud. Elle compte un peu moins de 300 000 habitants pour 118 îles (îles hautes càd avec des montagnes, et atolls càd des îlots autour d’un lagon) réparties sur un territoire grand comme l’Europe. Ces 118 îles forment 5 archipels : la Société (avec notamment Tahiti et Bora Bora), les Tuamotu, les Marquises, les Australes et les Gambier. La capitale est Papeete (à prononcer « pa-pé-é-té » et non « papette ») sur l’île de Tahiti. La langue officielle est le français (je reviens dessus dans la partie Langue et Tutoiement) et la monnaie est le franc pacifique (cf Monnaie).

Comme son nom l’indique, la Polynésie est un territoire français, plus exactement une Collectivité d’Outre-Mer (COM). Elle bénéficie d’une autonomie administrative. Elle a son propre drapeau, un hymne, un président et un gouvernement, et une assemblée territoriale, et même son propre système de sécurité sociale et ses propres impôts et taxes car le droit commun ne s’applique pas à ce territoire (il en est de même pour la Nouvelle-Calédonie).

Drapeau de la Polynésie française

Organiser son voyage soi-même ou passer par une agence ?

La Polynésie, c’est souvent le voyage d’une vie, l’objet de plusieurs années d’économies. Il est donc normal de se poser la question : agence de voyage ou pas ? Je ne peux malheureusement pas vous répondre, car ce choix dépend énormément de vos envies et habitudes de voyage, et de votre budget. De plus, je ne passe jamais par des agences parce que je suis une locale (je suis née et ai grandi en Polynésie jusqu’au bac, et toute ma famille y vit). Toutefois, si je devais choisir une agence de voyage pour une telle destination, ce serait sûrement Voyageurs du Monde, pour leur écoute, la personnalisation du voyage, leur conciergerie et le label ATR (Agir pour un Tourisme Responsable), ou Comptoir des Voyages pour un voyage en immersion, avec des conseillers également disponibles et à l’écoute.

Aller en Polynésie

A quelle période ?

Si vous imaginez les îles polynésiennes plongées dans un éternel été, il existe en réalité deux saisons :

• la saison humide, de novembre à avril (Matari’i i nia = « lever des Pléiades » donc visibles dans le ciel, période d’abondance et de fertilité), période la plus chaude avec les journées les plus longues (soleil jusqu’à 19h-19h30),

• et la saison sèche, de mai à octobre (Matari’i i raro = « descente des Pléiades », période de disette), période plus fraîche avec les journées les plus courtes (le soleil se lève vers 6h-6h30 et se couche vers 18h).

Il ne faut pas sous-estimer ces deux saisons parce qu’elles portent bien leur nom. Pendant la saison des pluies, également saison cyclonique, il pleut souvent pendant plusieurs jours sans s’arrêter, jusqu’à créer des inondations (ce fut le cas en 2017 et 2018 pour info !). C’est également la saison où il fait le plus chaud car c’est l’été austral. Les températures peuvent atteindre facilement les 35°C, difficilement supportable car le taux d’humidité est proche de 100%.

Pendant la saison sèche, soit l’hiver austral, il fait plus frais (on descend jusqu’à 20 voire 15°C au cœur des vallées). Cela n’est bien sûr pas comparable à l’hiver comme on le connaît à d’autres latitudes, mais avec l’humidité qu’il fait en Polynésie, le ressenti est donc inférieur à la température réelle et on peut facilement attraper un rhume si on ne se couvre pas assez le soir. La saison est relativement “sèche” mais l’air reste quand même très humide.

Un autre critère que vous pouvez prendre en compte est celui des événements culturels qui ont lieu dans l’année, et qui méritent vraiment le déplacement. Ceux-ci sont d’ailleurs largement conditionnés par les saisons évoquées juste avant, puisqu’ils dépendent pour certains de la  ou bien de la houle (compétition de surf autrefois appelée Billabong Pro, compétition de pirogue).

Je peux vous conseiller de voir :

• en février : le FIFO (Festival International du Film Océanien), un festival pendant lequel des moyens et longs-métrages sont projetés pendant une semaine. Ils portent sur apportent notamment de précieux témoignages sur des sujets propres aux pays du Pacifique, insulaires et assez coupés du monde géographiquement,

• fin juin/juillet : le Heiva i Tahiti, la plus grande compétition au monde de chants, danses et sports traditionnels polynésiens. Vous ne verrez je pense jamais de prestations de chants et danses aussi travaillés et recherchés (tant sur les textes pour lesquels des heures de recherche sur les légendes racontées sont nécessaires, que les chorées). Il y a également des marchés d’artisanat local traditionnel, des ateliers, etc,

• en août : la fameuse compétition de surf autrefois appelée Billabong Pro et qui a lieu à la Presqu’Île de Tahiti, sur la mythique vague de Teahupo’o

• début novembre : la Hawaiki Nui Va’a, la plus grande course de pirogue polynésienne (va’a) au monde, sur 3 jours et dans les îles de l’archipel de la Société,

Enfin, si vous voulez voir des baleines, la période propice est la saison fraîche, de juillet à septembre-octobre. A noter que l’observation des baleines se fait à distance, les bateaux n’ont pas le droit de les approcher à moins de 20m.

Mon conseil : choisissez plutôt la saison sèche, en particulier la première quinzaine de juillet pour le Heiva. Il fait moins chaud, vous avez moins de risque d’avoir de la pluie et en plus vous pourrez assister à toutes les grandes festivités culturelles du pays, et vous immerger un peu au coeur de nos traditions. Heureusement ou malheureusement pour vous, il se trouve que c’est la haute saison (juillet-août) et que les hébergements et billets d’avion seront aussi plus chers que le reste de l’année, mais je vous assure que ça vaut le coup.

Comment y aller ?

La Polynésie française étant située en plein milieu du Pacifique, le seul moyen pour y aller est l’avion (à moins de vouloir passer plusieurs semaines dans un bateau s’entend). Actuellement, 6 compagnies aériennes desservent cette destination : Air Tahiti Nui, Air France, French Bee, Air New Zealand, Hawaiian Airlines et Aircalin.

Il n’existe pas de vol direct depuis la France ou l’Europe, il vous faudra faire au moins une escale. Les compagnies proposant des vols Paris-Papeete font toutes escale aux Etats-Unis, mais vous pouvez combiner plusieurs vols de compagnies différentes pour faire le tour du monde dans l’autre sens (escale au Moyen-Orient ou en Asie).

Le trajet Paris-Papeete le plus court et le plus rapide est proposé par les compagnies Air Tahiti Nui (la compagnie locale), Air France, et la compagnie low cost French Bee depuis mai 2018.

ATN (Air Tahiti Nui) et AF (Air France) décollent de Roissy-Charles-de-Gaulle tous les jours, et proposent même des départs depuis d’autres villes de France que Paris, en train ou en avion, grâce à un partenariat entre ces deux compagnies ainsi qu’avec la SNCF. Je vous laisse vous renseigner auprès de ces compagnies pour plus d’informations, sachant que l’avantage d’un billet au départ de la ville la plus proche de chez vous, c’est qu’en cas de pépin avec le train ou l’avion qui précède le long-courrier, la compagnie devra vous trouver une solution.
FB (French Bee) propose uniquement des vols au départ de Paris Orly trois fois par semaine, avec une escale à SFO (San Francisco) et les mêmes durées de vol.

Aile d'un avion Air Tahiti Nui, "la compagnie au tiare"

Dans tous les cas, le trajet représente une durée de vol d’environ 21h au départ de Paris. Si vous vous y prenez assez longtemps à l’avance, c’est-à-dire au moins 6 mois à l’avance, vous pouvez avoir un billet A/R pour 1700€/pers en haute saison avec ATN et AF. FB propose billets à 1400€ A/R en haute saison sans bagage en soute ni repas. Seul conseil que je vous donnerais : comparez bien les options, ce à quoi vous avez droit ou pas. FB étant une compagnie low cost, tout est en supplément, contrairement à ATN et AF, qui incluent bagage de 23 kg et tous les repas, boissons, encas et divertissements. A vous de voir en fonction de vos besoins.

Il est également possible de réduire ses frais en billets d’avion en utilisant des comparateurs de vols et de séjours, comme Skyscanner ou Kayak, qui vous permettent d’économiser jusqu’à 300€/pers. Il est aussi possible de cumuler des tronçons avec plusieurs compagnies aériennes (Qantas, Air New Zealand, etc.), avec deux escales. Ces trajets, beaucoup plus longs (24h à 30h, voire beaucoup plus, par exemple jusqu’à 60h l’aller) seront aussi moins chers. Une fois, j’ai vu un A/R à un peu moins de 1000€/pers en haute saison mais avec 60h de voyage seulement pour l’aller.

A vous de voir jusqu’à combien vous pouvez mettre dans un billet, et combien de temps vous pouvez tenir dans un avion. Si vous en avez les moyens, je recommande néanmoins Air Tahiti Nui pour le service (votre voyage commencera dès l’embarquement avec des tiare tahiti — la fleur emblématique de Polynésie— parfumées à mettre à l’oreille) !

PS : la compagnie américaine United Airlines a anoncé officiellement qu’elle desservira Tahiti à partir du 30 octobre 2018, depuis San Francisco. Grâce à son hub, elle pourra donc également relier Tahiti et l’Europe. Affaire à suivre.

Se déplacer

Déplacements inter-îles

Avec un territoire grand comme l’Europe, le moyen le plus commode pour se déplacer entre les îles est évidemment l’avion. Seule la compagnie Air Tahiti transporte les touristes à l’heure actuelle (hors Tetiaroa), et une nouvelle compagnie a reçu l’autorisation il y a peu. Vous pouvez acheter des pass qui combinent plusieurs îles et qui sont très intéressants par rapport aux billets point à point. Vous trouverez plusieurs offres et pour chaque archipel, je vous laisse vous renseigner sur les liens suivants :

Site internet d’Air Tahiti : www.airtahiti.fr

Circuits multi-îles : www.airtahiti.fr/tarifs-pass

Entre Tahiti et Moorea, vous pouvez prendre le bateau et embarquer à bord de l’Aremiti Ferry, de l’Aremiti V ou du Terevau. La traversée dure entre 30 et 45 min suivant le bateau, et coûte une dizaine d’euros (les prix sont indiqués en francs pacifique). Les prix sont réduits pour les étudiants de -25 ans.

Pour ce qui est des trajets en bateau entre les autres îles, notamment les îles de la Société, j’ai posé la question auprès d’un gérant d’auberge de jeunesse (qui a donc l’habitude de recevoir des personnes concernées par la problématique), et la réponse est claire : les capitaines de bateau ne vous prendront pas car c’est risqué en terme de sécurité puisque les bateaux qui font les liaisons inter-îles (de la Société) ne sont pas conçus pour embarquer des passagers, et c’est toujours délicat avec des touristes en cas de problème. Je ne vous conseille donc pas de chercher à embarquer sur un bateau pour faire les liaisons inter-îles, si ce n’est pour faire Tahiti-Moorea.

Enfin, vous pouvez découvrir les archipels de la Polynésie voire d’autres pays du Pacifique en croisière à bord du Paul Gauguin ou de l’Aranui. Ces croisières se réservent des mois à l’avance, le planning étant sorti en général plus d’un an à l’avance.

Un avion d'Air Tahiti, décoré pour le 60ème anniversaire de la compagnie

Déplacements sur les îles

Voiture

Sur les îles hautes, notamment les îles de la Société (hors Maupiti), il est facile de louer une voiture. Ce moyen de transport est très pratique surtout si vous êtes plusieurs et souhaitez rentabiliser le temps passé sur place. Comptez à partir d’environ 40€/jour pour une citadine.

Scooter

Si vous ne voulez pas vous encombrer d’une voiture, vous pouvez aussi opter pour un scooter (quoique pour Tahiti je conseille quand même de privilégier la voiture).

Bus

Sur les îles de la Société, il y a bien sûr des bus, mais si vous trouvez les pas très pratiques en France (retards fréquents notamment), ne les prenez pas en Polynésie ! Il n’y a pas d’horaires précis (sauf à Moorea, c’est là que les bus sont les plus fiables à ce niveau), et bien que les tarifs soient fixés, les chauffeurs font souvent payer à la tête du client…

Autostop

L’autostop marche assez bien dans les îles. Je ne le recommande pas forcément à Tahiti, mais de manière générale, c’est un moyen qui reste une bonne roue de secours si vous n’avez pas de moyen de transport parce que les Polynésiens sont assez serviables.

Vélo

Enfin, dans certaines îles, le vélo reste le meilleur moyen de se déplacer. En effet, souvent les distances sont largement réalisables en vélo car soit les îles ne sont pas très grandes (par exemple Maupiti, Bora Bora), soit on ne peut pas se déplacer sur l’ensemble de l’île, comme les atolls où on ne peut se déplacer que sur chaque îlot à la fois sans utiliser de bateau.

Se loger

La Polynésie étant une destination assez haut de gamme (en raison du prix des billets qui étaient, jusqu’avant l’arrivée de French Bee, un véritable graal), elle compte de nombreux hôtels. Beaucoup d’entre eux sont des hôtels de luxe (4 et 5 étoiles), où les prix des bungalows commencent à partir de 160€/nuit environ, et 250€/nuit sur pilotis. Même si ça représente un certain budget pour beaucoup, je vous suggère tout de même de passer au moins 1 nuit ou 2 en hôtel de luxe. Les bungalows sont vraiment beaux et construits avec beaucoup de matériaux végétaux dans une ambiance typique, ont de belles plages, et proposent quasiment tous des spectacles de danse traditionnelle (même si elles ne valent pas les spectacles du Heiva, c’est toujours une bonne alternative) ! 🙂

Bungalows sur pilotis de l'InterContinental Moorea Resort & Spa

Heureusement, il y a d’autres types d’autres types d’hébergement plus abordables, le plus répandu étant les pensions de famille. Ce sont des établissements qui ressemblent à un mix hôtel/maison d’hôtes. Ce sont souvent de petits établissements de moins de 10 chambres et/bungalows, tenus en famille (surtout dans les îles). Selon les pensions, vous pouvez avoir une demi-pension (nuits et dîners) ou une pension complète (nuits + tous les repas). Dans les îles, surtout les atolls, dans la plupart des pensions les repas sont imposés car ils dépendant de la pêche du jour.

Enfin, il y a pour les tous petits budgets des campings, et des auberges de jeunesse. Je vous avoue n’avoir jamais campé en Polynésie, donc je ne vous serai pas d’une grande aide à ce niveau. Par contre j’ai été voir moi-même les deux auberges de jeunesse existantes et toutes deux ouvertes en 2017 : Mahana Lodge à Papeete, proche du port, et Painapaopao Backpacker à Moorea ! Les deux auberges sont tenuss par des gérants qui ont énormément voyagé et connaissent les problématiques des voyageurs en backpack et/ou à petit budget. Ils ont donc voulu créer des établissements adaptés à leur budget et leurs besoins. Pas de grand luxe, juste le nécessaire et le soleil au rendez-vous.
A partir de 3000 XPF/nuit (environ 25€), le Mahana Lodge vous propose un lit en dortoir ou en en chambre double (pour un prix plus élevé) en plein coeur de Papeete (à proximité des bateaux pour Moorea, des roulottes de la place Vaiete, et des bus) et l’accès à une cuisine commune. Cependant, vu la localisation en plein centre-ville, toutes les chambres ne sont pas pourvues de fenêtre, mais il y a des pièces communes et le Wi-Fi gratuit.
Pour le même prix, Painapaopao Backpacker propose plutôt une petite chambre individuelle, avec moustiquaire, coffre-fort et également accès à une cuisine commune assez grande (pas d’accès direct à une jolie plage en revanche, le compromis du petit budget). Les couples pourront louer un bungalow pour 2 personnes, avec les mêmes prestations pour 8000 XPF/nuit (environ 67€).
Les deux établissements sont très propres et leurs propriétaires respectifs (Maui et Marie) très sympas, je recommande fortement !

Photo 1 : A l’accueil de Mahana Lodge (Tahiti) — Photos 2 & 3 : Chambre et cuisine du Painapaopao Backpacker (Moorea)

Que faire

Choix des îles

« 118 îles ?! Chéri.e, on va voir lesquelles ? »

Vous serez confrontés à cette question à un moment ou à un autre, sûrement lorsque vous devrez prendre votre pass inter-îles. Voici une petite sélection d’îles parmi les plus accessibles en terme d’avion (compris dans les circuits inter-îles) et de prix, en fonction de vos envies. Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, n’hésitez pas à me poser des questions en commentaire si vous en avez 😉

Pour le dépaysement

Réponse bateau, mais toutes les îles offriront leur part de dépaysement ! Les îles de la Société et les Marquises sont dépaysantes au sens où ce sont des îles hautes, avec du relief, des montagnes et des vallées luxuriantes, alors qu’on n’imagine souvent que les plages bordées de cocotiers (pas des palmiers !). Bon, c’est aussi le cas, il y a de magnifiques plages et lagons dans la Société. Les Marquises n’ont que très peu de plages qui plus est, plutôt remplacées par des falaises. Les atolls des Tuamotu reflètent l’image de carte postale que vous avez sûrement en tête, si ce n’est que ce sera encore mieux (chauvine ? à peine 😉 ), de même que les Australes et les Gambier.
Et ça, c’est sans compter la gentillesse et la serviabilité des Polynésiens ! C’est ce que remarquent les touristes en premier, et qu’ils retiennent à vie.

Pour le farniente et les belles plages

Je réponds Bora Bora, Moorea, Maupiti et les Tuamotu ! Et oui, si vous vous demandez si les photos que vous voyez souvent de Bora Bora sont « photoshopées », retouchées, la réponse est oui et non. Oui parce que la retouche fait partie du travail d’un photographe (d’ailleurs si le sujet vous intéresse, je vais en parler dans un prochain article photographie), et non parce que les couleurs sont aussi éclatantes en réalité. Vous en doutez ? Venez vérifier par vous-même 😉

Il y a également Tetiaroa, un atoll acessible en excursion à la journée depuis Tahiti, mais le temps passé sur l’île est très court (entre 5 et 6h) à cause du temps de trajet (6h de bateau A/R). L’excursion coûte environ 100€/personne. Je déconseille fortement aux personnes sujettes au mal de mer.

Pour la plongée

Les amateurs de plongée connaissent sûrement la Polynésie, célèbre grâce à Rangiroa et Fakarava, les deux plus grands atolls des Tuamotu (on peut mettre l’équivalent de la surface de Tahiti dans le lagon de Rangiroa !). Pour l’observation des raies, faites un tour à Tikehau, un autre atoll de l’archipel. Privilégiez les petits clubs de plongée, qui ressemblent moins à des usines.

Pour l’authenticité

Si vous voulez découvrir la Polynésie loin du bling bling de Bora Bora, je vous recommande sans hésitation aucune Moorea (« la sauvage »), Huahine (« l’authentique ») et Maupiti pour ce qui est des îles de la Société. Pour preuve, à Huahine et Maupiti, il n’y a quasiment aucun hôtel des grandes chaînes de luxe (InterContinental, Sofitel, etc.). Il n’y a même aucun hôtel tout court à Maupiti, car les habitants n’en veulent pas !

Pour la rando

Pour vous dégourdir les jambes, rien de mieux que Tahiti et Moorea, les deux plus grandes îles montagneuses, pour faire de la rando. Quelques randonnées sont accessibles sans guide  (depuis les jardins de Vaipahi à Tahiti ou le Belvédère de Moorea par exemple), mais sinon je vous conseille d’être accompagné.e.s, et d’aller faire un tour vers le sud et la Presqu’île de Tahiti 😉

Activités

De nombreuses activités sont possibles en fonction des îles. Les plus classiques sont :

  • îles hautes : tour de l’île en pirogue avec shark feeding (activité que je n’approuve plus désormais) et pique-nique sur un motu (pour les îles hautes),
  • atolls : excursion dans le lagon + plongée/baignade dans le lagon + pique-nique sur un motu,
  • visite de ferme perlière,
  • plongée,
  • roulottes pour manger le soir.

De plus, si Tahiti est boudée par les touristes, il y a pourtant de nombreuses activités à y faire : visite du marché (je vous conseille le dimanche matin à 6h), le tour de l’île de Tahiti en 4×4 (vallée de la Maroto, Trois Cascades, Vaipahi, etc), une excursion à la Presqu’Île à Te Pari et Fenua Aihere (que je recommande VIVEMENT avec Tahiti Surfari, excursion à la journée, de préférence entre février et avril, randonnée (avec Aito Rando par exemple).

En fonction des îles, vous pouvez également faire une visite de vanilleraie (notamment à Taha’a), découvrir comment on peint sur des pareo, visiter l’usine Rotui à Moorea, faire une balade à cheval aux Marquises, etc.

Tripadvisor est largement utilisé par les prestataires d’excursions, n’hésitez pas à y jeter un coup d’oeil pour préparer vos activités.

Vie pratique

Visa

Puisque c’est un territoire français, nul besoin de visa pour les personnes de nationalité française pour un séjour de moins de 3 mois. Il vous sera uniquement demandé un passeport en cours de validité et de remplir une fiche statistique à l’entrée du territoire. Pour les autres cas, je vous invite à consulter le site du Haut-Comissariat de Polynésie (équivalent de la préfecture).

Pensez à demander l’ESTA pour le passage aux Etats-Unis. Même si vous faites uniquement une escale, il est obligatoire. A noter qu’il ne coûte que 14$/personne (si vous voyez un autre prix, c’est que vous n’êtes pas sur le site officile ESTA), et qu’il est valable 2 ans.

Langue et tutoiement

La première langue officielle est le français, et la deuxième est le tahitien. Les Polynésiens ont un accent assez caractéristique : ils parlent plutôt lentement, allongent les syllabes, roulent les ‘r’ et leur parler est très chantonnant. Il faut savoir que beaucoup de familles encore ne parlent pas beaucoup français chez eux et ne maîtrisent donc pas très bien la langue de Molière, il est donc fort possible que les fervents défenseurs de la grammaire soient froissés. Promis, l’accueil et la bienveillance des Polynésiens vous fera oublier ce genre de détail !

Aussi, le tutoiement est de rigueur ! Ne vous offusquez donc pas si en discutant avec des locaux, on vous tutoie. Avec du recul, vous vous rendrez compte que cette proximité verbale est une des raisons pour laquelle les gens sont très chaleureux et accueillants (puisqu’on met tout le monde au même niveau), et qu’il est très facile d’aborder les gens 😉

Monnaie

Bien qu’étant un territoire français, la Polynésie possède sa propre monnaie, en commun avec la Nouvelle Calédonie et Wallis-et-Futuna : le franc pacifique, couramment appelé franc. Il est noté XPF ou FCP. Son cours est fixe par rapport à l’euro :

1000 XPF = 8,38€

1€ ≈ 119,33 XPF

Il existe des billets de 500, 1000, 5000 et 10000 XPF, et des pièces de 1, 2, 5, 10, 20, 50 et 100 FCP.

Coût de la vie

Sujet important pour beaucoup, et je ne vais pas y aller par quatre chemins : le coût de la vie est très élevé en Polynésie. Cela s’explique tout simplement par la situation géographique très isolée de la Polynésie, et de la surface des terres qui restreint la production locale (agricole, industrielle, etc). On est donc obligés d’importer énormément de biens et de matières premières. Le gouvernement a mis en place une liste de PPN (Produits de Première Nécessité), dont les prix sont fixés et relativement bas, mais tout le reste est assez cher, en particulier si ce sont des produits importés. Vous devrez donc vous préparer au sevrage de fromage et saucisson, quoiqu’on me dit dans l’oreillette que la Fromagère de Tahiti saura régaler vos papilles !

Petit conseil : achetez des fruits aux petits vendeurs en bord de route pour vos petits déjeuners, et repérez des snacks ou des roulottes pour les déjeuners ou dîners 😉

Appeler depuis/vers la Polynésie

Bien qu’étant un territoire français, la Polynésie française n’est pas comprise dans les forfaits DOM/TOM des opérateurs français. Sa situation géographique fait qu’elle se situe toujours dans la liste des pays où les appels entrants et sortants sont les plus chers depuis et vers la France métropolitaine (autour de 1,5€/min en général). Si vous souhaitez joindre des proches, je vous conseille de privilégier les appels via Skype ou toute autre application d’appels via Internet.

Internet

Comme indiqué précédemment, la situation géographique fait que beaucoup de biens, mais aussi de services sont très chers. C’est le cas des forfaits Internet (la 4G venant d’un câble qui relie la Polynésie à Hawaii). Il y a actuellement 3 opérateurs : Vini, (l’opérateur historique), Vodafone (celui qui a fait baisser les prix), et Viti. Personnellement, j’utilise Vini lorsque je rentre en Polynésie mais uniquement parce que mes proches sont clients Vini, et qu’il y a des frais lorsqu’on appelle des numéros d’un autre opérateur… (et oui, je sais, c’est fou). Sinon, Vodafone a des offres bien plus intéressantes en général, et j’espère un meilleur réseau que Vini, car la dernière fois, alors que j’avais une carte prépayée qui devait me permettre d’avoir Internet, je n’ai jamais eu une seule connexion en 17 jours, et sur plusieurs îles différentes !

Assurance & santé

Si vous tombez malade ou que vous avez besoin de soins médicaux une fois sur place, il est important de noter que le système de sécurité sociale est différent du système métropolitain. D’expérience, les caisses de sécurité sociale en Métropole ne remboursent pas les frais de santé effectués en Polynésie, sauf exception comme stage conventionné réalisé en Polynésie. Cependant, ce que je raconte n’est que tirée de mon expérience et je ne saurais vous garantir que ça marche toujours comme ça. Je vous conseille de vous renseigner sur les remboursements de soins et de médicaments par votre sécurité sociale et votre mutuelle si vous en avez une.

A noter qu’une consultation chez un médecin généraliste coûte environ 3200 F (environ 26€).

De même pour les assurances, renseignez-vous auprès de votre assureur pour savoir ce qui est pris en charge ou pas en cas de pépin.

Que mettre dans sa valise

Prenez toujours un anti-moustique, une crème solaire (non polluante pour l’océan et les coraux de préférence, comme la crème EQ), un couvre-chef  et un pareo (voire deux) avec vous ! Adieu les chaussures fermées, optez pour les savates (les « tongs »), et les méduses lorsque vous allez faire des excursions. Enfin, prenez un pull si vous y allez à la saison sèche, conseil d’une locale 😉

Quelques conseils en vrac

Les Polynésiens sont très souriants, et disent bonjour à tout le monde. Ne vous étonnez donc pas si on vous salue, et faites de même (même aux femmes de ménage dans les hôtels et pensions !) 🙂

Les horaires sont décalés par rapport à la Métropole (comme les heures d’ensoleillement) : les boutiques et services ouvrent vers 8h-9h, jusqu’à 17h environ, et environ 19h pour les supermarchés.

Les marae sont des lieux sacrés, il ne faut pas marcher dessus, ni écrire sur les pierres ou encore arracher des plantes dessus. Vous risquez d’ailleurs plusieurs années d’emprisonnement et une dizaine de millions de francs pacifiques (environ 80 000€) d’amende.

L’eau au restaurant est payante contrairement à la Métropole, inutile de demander une carafe d’eau.

L’eau potable et l’eau « de source » sont une denrée rare dans les îles, en particulier dans les atolls (Tuamotu). C’est pourquoi il vous sera parfois demandé, même dans les hôtels de luxe, d’économiser l’eau en privilégiant les douches aux bains, en prenant des douches courtes et en ne faisant pas changer vos serviettes de bain tous les jours dans les hôtels.

Lorsque vous vous installez sur une plage, si vous vous mettez à l’ombre d’un cocotier, vérifiez TOUJOURS s’il a des cocos au-dessus de vous. Si oui, changez de place !

Epinglez-moi sur Pinterest !

Cet article comporte des liens sponsorisés et affiliés, mais ils ont été triés et sélectionnés pour respecter ma ligne éditoriale et mes préférences personnelles.