Rhône, Week-end

Un week-end pour (re)découvrir Lyon

Deuxième ou troisième ville de France selon les classements, Lyon est pourtant relativement méconnue. A force d’y passer pendant mes études (c’est la grande ville la plus proche de Grenoble, ça aide), j’ai appris à aimer l’ancienne capitale des Gaules. Je n’y suis cependant jamais restée plus de quelques heures d’affilée, et c’est pour la première fois cet été que j’y ai passé un week-end entier avec l’Amoureux. Je vous emmène avec nous, à la découverte de la culture lyonnaise…

En ce samedi matin, à 9h25, on traversait déjà le Rhône, annonçant notre arrivée imminente à Lyon. Les paupières encore un peu lourdes, j’étais un peu désarçonnée, pour ne pas dire déçue, par la pluie qui s’abattait sur les fenêtres du train alors que nous avions quitté Paris sous un soleil éclatant autant qu’il peut l’être un matin d’été. Une fois arrivés et après avoir enfin réussi à joindre le coloc de notre hôte pour déposer nos affaires, nous sommes allés déjeuner. Première immersion dans la culture lyonnaise avec un bouchon lyonnais (ici le Bouchon des Cordeliers, proche du métro Cordeliers). Un bouchon est un restaurant traditionnel qui sert généralement des plats très viandards high level (type boudins, tripes) et en sauce, ainsi que des desserts typiques, avec entre autres de la praline. N’étant ni boudin, ni tripes, je pense être restée assez soft, mais la pluie aidant au sédentarisme, nous avons poussé le bouchon (comment ça c’est pas drôle ?) avec verre de vin, entrée et dessert. Dodo assuré.

Pour s’occuper avant le retour du soleil, nous avons été au Musée des Confluences, au bout de la Presqu’île, à la confluence du Rhône et de la Saône. Inaugurée fin 2014, la bâtisse à l’allure futuriste m’avait toujours intriguée, bien qu’elle ne soit pas vraiment au goût de l’Amoureux. Enfin j’allais pouvoir en découvrir l’intérieur à l’occasion de l’exposition Yokainoshima sur les esprits japonais (toujours disponible, jusqu’au 25 août 2019). Mon intérêt pour l’architecture et la culture japonaise, dont beaucoup d’esprits sont évoqués dans les manga et anime d’ailleurs, se rejoignaient pour mon plus grand plaisir. Le « hall » du musée est ouvert jusqu’au toit, avec notamment un effondrement du toit jusqu’au sol à côté de l’escalator principal. Pour rejoindre les expositions temporaires, il faut emprunter l’escalator puis une passerelle toute en courbes qui adoucit les formes anguleuses de l’enveloppe de verre et de métal. On grimpe, on fait trembler la passerelle (et on s’inquiète un peu), on joue avec la lumière et puis finalement on va enfin voir l’expo. Etant très emballée par tout ce qui a trait au Japon (si je devais ne visiter qu’un seul pays dans ma vie, ce serait celui-ci <3), j’ai vraiment adoré cette expo ! J’avais peur qu’elle n’intéresse pas trop l’Amoureux, beaucoup moins attiré par l’Asie, mais il a finalement passé un bon moment lui aussi. C’est donc une exposition que je recommande si vous passez à Lyon d’ici l’été prochain J Le soleil était revenu entre temps et l’air devenait étouffant. Nous sommes donc allés sur la terrasse pour voir quel panorama offrait le toit du musée. La vue est très dégagée sur le Rhône, et vous pouvez avoir un aperçu de la Presqu’île depuis la cafétéria.

Après une petite faille temporelle (plus communément appelée « sieste »), nous avons été à la chasse aux traboules. « Des traboules ? Jamais entendu ! » C’est que c’est un mot bien Lyonnais ! Les traboules sont des passages à travers les immeubles pour passer d’une rue à l’autre sans être vu. Des raccourcis secrets en quelque sorte, plus si secret à l’ère des sites internet et blogs, mais qui étaient bien utiles aux canuts pour transporter la soie, ou bien pour organiser leur révolution. Oui parce que Lyon a été pendant des siècles la capitale de la soie, et cette matière était tissée par les canuts, vivant en majorité sur les pentes de la Croix-Rousse, un des quartiers de Lyon.

Par chance, beaucoup de traboules se trouvaient proches de notre appart, justement dans les pentes de la Croix-Rousse. Et j’insiste sur le mot « pentes », en témoigne la station de métro Croix-Paquet. Cependant, nous faisions le trajet en sens inverse et les traboules n’étaient donc pas forcément visibles, ou pis, inaccessibles car les habitants ne souhaitent plus subir les allées et venues incessantes des touristes. Nous comprenons bien sûr, même si notre mission était mise à mal. Par chance, en cherchant une traboule et alors que nous repartions bredouilles, un hommes nous a vus à quelques mètres et nous a lancé :

« Vous voulez entrer ? Je vous ouvre. On ferme tout le temps maintenant, les groupes de touristes font trop de bruit quand ils passent. Vous ne faites pas de bruit hein ! »

Ma mémoire a peut-être légèrement déformé le discours, mais c’était à peu près ça. Nous étions super contents de pouvoir découvrir l’intimité des vieux immeubles lyonnais. Nous n’avons pas vu toutes les traboules du trajet, mais avons réussi à en découvrir une grâce à une rencontre hasardeurse. La mission était donc réussie !

Enfin, nous avons été chercher des petits sandwiches à emporter chez Gourmix (et on nous a oublié un sandwich, réclamé 30min plus tard sur Messenger) et les avons mangés sur les quais de Saône. Sur le passage, nous sommes passés par la Place des Terreaux où on peut voir la Fontaine Bartholdi et l’Hôtel de ville, ainsi que par la Fresque de la Bibliothèque de la Cité et la Fresque des Lyonnais. Et oui, les trompe-l’oeil sont nombreux à Lyon !

Le lendemain, dimanche, mon réveil matinal fut remarquable. Deux raisons m’ont tirée du lit : un skype rapide avec mes parents, pour qui en raison du décalage horaire je dois me lever tôt si je veux leur parler le matin, et ensuite le trajet retour possiblement avancé à 11h pour passer l’après-midi en Auvergne chez les parents de l’Amoureux. Il fallait donc faire vite pour profiter du Vieux-Lyon avant cette heure-là !

Vers 9h, nous étions déjà dans le Vieux-Lyon, après avoir traversé la Passerelle Saint-Vincent. On passe par une brocante, des ruelles fraîches en ce matin d’été, vides de gens, et toutes colorées. On profite des boulangeries ouvertes pour prendre des brioches à la praline comme petit-déjeuner, et on flâne, là où nos pieds voulaient bien nous mener.

C’était la première fois que je me baladais dans Lyon, en particulier le Vieux Lyon, de bon matin (enfin, pour moi clairement être dehors avant 10h relève de l’exploit). Découvrir les rues avec cette lumière estivale matinale et quasiment vides étaient une vraie bouffée d’air frais, surtout qu’on se croirait presque dans une ville du Sud ou d’ailleurs ! Je recommande à tout le monde de le faire lors d’une venue à Lyon 🙂

J’ai ensuite finalement convaincu l’Amoureux de rester à Lyon jusqu’au soir. Nous sommes alors montés jusqu’à la Basilique de Fourvière à pied (il est aussi possible de prendre un funiculaire). Il commençait à faire très chaud (vous vous rappelez de l’été caniculaire ? eh bien là, le 29 juillet, on était en plein dedans) et Lyon se repeuplait rapidement. Pour monter, nous avons d’abord eu quelques centaines de marches avant de prendre un chemin arboré mais pas moins pentu.

On sait qu’on atteint la basilique quand on voit une imposante masse d’albâtre s’élancer fièrement vers le ciel. Alors évidemment je ne sais pas si elle est faite d’albâtre, mais vous l’aurez compris, elle est blanche et très propre. De là-haut, Lyon s’offre à nos yeux gracieusement sous un ciel dégagé, et ses toits de tuiles et leurs cheminées pourraient presque voler la vedette aux toits de Paris. Presque. C’est très joli quand même 😉

On part ensuite jeter un coup d’oeil au théâtre romain où la scène était encore installée pour les Nuits de Fourvière, qui se sont terminées la veille. On cherche également le reste d’un vieil aqueduc, qui n’est pas très grand ni mis en valeur, avant de faire un énorme tour de la colline pour revenir par la Passerelle des Quatre Vents, face à laquelle on voit la basilique au-dessus d’arbres.

La descente de Fourvière est aussi laborieuse : plus de 600 marches. On descend rapidement dans les entrailles du Vieux-Lyon. Les toits deviennent rapidement des murs, puis des portes d’entrée. Il fait encore plus chaud, il nous faut nous abreuver, vite ! Nous allons chez YAAFA, rue d’Algérie, où nous pouvons manger léger, végétarien, et surprise : du thé glacé et de la citronnade à volonté ! Est-ce qu’on en a abusé ? Oh que oui !

Enfin, nous avons été au Musée Miniature et Cinéma qui, comme son nom l’indique, présente des miniatures (décors miniatures surtout), et est axé cinéma : effets spéciaux, décors ou éléments originaux (ceux qui ont été utilisés sur les tournages !), miniatures, costumes, etc. Les miniatures sont impressionnantes de précision, et les parties cinéma très intéressantes, même si on n’est pas très très féru ou calé en cinéma. Franchement, je vous conseille VIVEMENT d’y aller si vous passez par Lyon !

Nous avons ensuite goûté aux fameuses glace Terre Adélice, disputées par le glacier René Nardone (recommandé par une amie, mais qui d’après une touriste à ce moment-là, avait un goût trop chimique…). Eh bien je peux vous dire que Terre Adélice n’a pas volé sa renommée, je n’ai jamais mangé meilleure glace ! Et puis maintenant que je sais qu’on peut en acheter des pots directement à l’usine en Ardèche… vous voyez où j’aimerais me balader en France maintenant 😉

Bref. Le temps passe. On rentre chercher nos affaires, en prenant soin de repasser devant la Fresque de la Bibliothèque de la Cité et la Fresque des Lyonnais, pour les voir à la lumière du jour. On croise celle qui nous a loué sa chambre (on n’avait vu que son coloc jusqu’à présent), on discute cinéma avec elle, tandis que je me dis que sa tête me dit très vaguement quelque chose… mais ça c’est une autre histoire. On court ensuite chercher des menus burgers chez La Broche, chez lesquels on retourne rapidement après s’être rendus au métro et avoir vu qu’ils ont eux aussi oublié une partie de notre commande, comme Gourmix la veille ! Décidément ces Lyonnais, il faut tout vérifier.

Enfin, on rentre sans plus d’encombres à Paris.

Au revoir Lyon, et merci pour ce très joli week-end. J’ai hâte de te revoir et de visiter d’autres quartiers !

J’espère que ce petit week-end à Lyon vous a plu ! Si vous ne connaissiez pas trop cette ville, vous devez à présent comprendre pourquoi j’ai choisi cette photo en tête d’article 😉

Alors, dites-moi tout, est-ce que vous connaissiez Lyon ? Si non, qu’avez-vous découvert ici ? Et est-ce que vous avez des suggestions de ville à visiter où la culture et l’histoire est aussi forte ? (je vous vois venir les Bretons avec vos crêpes et vos ker !)

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