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Journées du Patrimoine 2018 : une bibliothèque et un ministère

Samedi 15 septembre, j’ai profité des Journées Européennes du Patrimoine (JEP) pour visiter deux lieux de Paris qui sont normalement fermés au public (sauf exceptions ou occasions particulières) : le site Richelieu des BnF, en particulier la salle Labrouste, et le Ministère de la Justice sur la place Vendôme.

Le site Richelieu des Bibliothèques nationales de France

Alors que j’y ai pensé il y a plusieurs mois, j’ai complètement oublié de regarder le programme des JEP18 en région parisienne lorsqu’il est sorti. C’est donc la veille que j’ai regardé, et évidemment, toutes les visites sur inscription étaient complètes (Opéra Garnier </3). Heureusement, je me suis souvenue d’un site que je veux visiter depuis longtemps, et qui n’est accessible au grand public que lors des Journées du Patrimoine (en tout cas c’est ce que j’ai vu en juin sur leur site) : le site Richelieu du réseau des BnF.

Je ne sais plus où, mais j’avais vu des photos magnifiques de la bibliothèque en question. Après une rapide vérification sur Google, j’ai donc choisi d’y aller le samedi matin, pour éviter la foule. A ma grande surprise, l’attente pour les visites de ce site n’était pas trop longue, environ 15min. Ca change des 6h voire plus pour visiter l’Elysée !

Une fois à l’intérieur, la salle la plus espérée est la première que l’on visite : il s’agit de la Salle Labrouste, du nom de son architecte. C’est aujourd’hui la bibliothèque de l’INHA, l’Institut National d’Histoire de l’Art. Ainsi, elle est réservée aux étudiants et chercheurs en Histoire de l’Art. D’ailleurs, quelques étudiants étaient présents pour faire de la médiation et informer les visiteurs sur l’architecture et les ressources de la bibliothèque. J’ai noté quelques informations (voyez le sérieux dont j’ai fait preuve) :

Le site Richelieu est implanté au coeur de Paris depuis 1724, mais cette salle date du XIXème siècle et a 150 ans cette année (elle date donc de 1868). Conçue à l’ère industrielle, elle jouit de colonnes et autres éléments en fonte, matériau choisi pour ses qualités architectoniques qui permettent d’éviter d’ajouter des murs à cet espace qui ne comporte déjà qu’un seul mur non aveugle (avec des fenêtres). Labrouste a par ailleurs choisi de faire pénétrer la lumière par le toit, et par de grandes fenêtres semblables à celles que l’on peut trouver dans les gares parisiennes, conçues et construites à la même époque.
Sur les murs aveugles, l’architecte a choisi de ne pas y faire peindre des scènes religieuses ou historiques, mais des trompe-l’oeil qui rendraient le travail et la lecture agréable dans cette salle. Il a ainsi préféré des trompe-l’oeil d’arbres, pour donner l’impression d’un jardin.
L’ensemble de la salle est un mélange de plusieurs styles : néo-pompéien (coupoles), néo-romain (profils dans médaillons), néo-grec (avec les cariatides — statues grecques) et néo-byzantin/éclectisme (j’ai pas bien compris quoi, mais j’ai noté que c’est comme pour l’Opéra Garnier, le Petit et le Grand Palais, et certains immeubles haussmaniens).

Vous en avez marre de mon blabla architectural ? Ne vous inquiétez pas, j’ai fini, voici les photos !

Une des deux cariatides de la salle Labrouste
Entrée et allée principale de la salle Labrouste

Juste après la salle Labrouste et ses cariatides se trouve le magasin central. Autrefois, les lecteurs n’avaient pas accès à celui-ci. Les demandes de livres arrivaient à travers des tuyaux à air comprimé, puis les magasiniers apportaient les références demandées directement en salle de lecture.

Enfin, en dehors de la salle Labrouste, vous pouvez également visiter la cour d’honneur du site Richelieu (qui abritait lors de ma visite un bâtiment modulaire en raison des travaux de rénovation du site), la Rotonde des Arts du spectacle qui contient des oeuvres liées aux arts du spectacles tels que le cirque (un avant-goût du parcours muséographique qui sera ouvert après les travaux), la galerie de verre, la salle de lecture du département des Manuscrits (visible à travers une baie vitrée uniquement pour les visiteurs) et l’aile Robert de Cotte avec entre autres la statue de Voltaire qui regarde paisiblement les visiteurs. Je me suis moins attardée dans ces espaces, mais évidemment, jetez-y un coup d’oeil si vous visitez le site Richelieu !

Le magasin central de la Bibliothèque de l’INHA

La Galerie de verre
La salle de lecture du département des Manuscrits
La salle de lecture du département des Manuscrits
Bibliothèque du bureau de la Présidence dans l'aile Robert de Cotte
Reflective portrait
Voltaire veillant sur les visiteurs dans le salon d'honneur de l'aile Robert de Cotte

A la sortie du site Richelieu, j’ai trouvé un programme des JEP18 et j’ai vu qu’il y avait des ateliers pour monter soi-même un mécanisme de montre chez… Omega ! Evidemment, il fallait réserver. Je me doutais que ce serait complet, mais j’ai essayé de réserver et le site buggait donc je suis allée sur place. J’ai débarqué chez Omega (pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un équivalent/concurrent de Cartier en terme de montres, rien que ça !), et évidemment les ateliers étaient complets, mais j’ai pu voir toutes les montres de la boutique, monter admirer une expo photo de Nikos Aliagas à l’étage, et avoir des explications sur les matériaux et la fabrication des montres Omega. Je peux vous dire une chose : j’ai jamais été aussi bien accueillie dans une boutique que dans cette boutique, la seule boutique de luxe où j’ai mis les pieds, et sans gêne aucune, sans avoir l’impression de ne pas être à ma place. Moi qui admirais déjà cette marque, je n’en ai qu’une meilleure impression ! L’homme qui m’a accueillie et m’a informée que les ateliers étaient complets, a même proposé de prendre mes coordonnées pour les prochains ateliers dans l’année, et à aucun moment je n’ai eu l’impression d’être une intruse dans cette boutique où clairement je n’aurai jamais les moyens de m’acheter quoi que ce soit.

Bref, après ce passage chez Omega où j’ai fait chou blanc, j’ai continué à me promener dans le 1er arrondissement, que je connais assez mal. Je suis donc allée vers la place Vendôme et j’ai passé un long moment à prendre l’entrée du Ritz, ses arrivants et leurs voitures en photo. Il y avait une Mustang de collection garée devant, franchement c’était impossible de ne pas prendre une seule photo. A y réfléchir, je me demande comment les voituriers du Ritz ont fait pour ne pas vouloir me chasser haha.

Bref, juste à côté, j’ai vu des gens faire la queue pour un autre site à visiter pour ces Journées du Patrimoine : le Ministère de la Justice.

Le Ministère de la Justice dans l’Hôtel du Bourvallais

Sis au 13 Place Vendôme, l’Hôtel du Bourvallais est la résidence du Ministère de la Justice. Comme pour le site Richelieu, lorsque j’y suis allée, le temps d’attente était relativement court (vers 14h de mémoire), mais en sortant, il y avait deux fois plus de monde.

A l’entrée, des tote bags et des quiz étaient distribués pour les intéressés. De quoi rendre ludique et plus intéressante les expositions mises en place pour ces JEP. Celles-ci portaient sur l’histoire de la Justice en France (cette notion ayant évolué au cours des derniers siècles, vous vous en doutez bien), et sur les rôles et sujets traités par le Ministère de la Justice en France et en Europe aujourd’hui.

Pendant les JEP, étaient ouverts au public : l’escalier d’honneur (dont un mur est couvert d’une tapisserie géante), la galerie Peyronnet qui accueillait des panneaux d’exposition, le Salon Empire où était dressée une table pour déjeuner, le salon des Oiseaux entièrement restauré par des apprentis en restauration de monuments (je crois), la Bibliothèque royale où se trouvaient le bureau du Garde des Sceaux (ou Ministre de la Justice), le Sceau en question — pour la toute première fois exposé au grand public ! (c’est un Monsieur présent dans la salle, qui se révèle être l’organisateur des JEP dans ce Ministère, qui me l’a expliqué, très fier d’avoir eu cette idée hihi) — et la « presse à sceller » le sceau, puis le Petit Salon (bureau du directeur de cabinet) et le jardin, dans lequel était exposé une oeuvre en objets de récupération réalisée par des jeunes délinquants en atelier.

Bon, dis comme ça, l’ensemble ne donne pas forcément très envie. Je ne vais pas mentir, la salle Labrouste m’a fait une plus forte impression, mais j’étais tout de même très contente de visiter un ministère, surtout celui-ci (lycéenne, j’hésitais à passer le concours de l’ENA pour être haut-fonctionnaire et rentrer servir mon pays ^^). De plus, savoir que le sceau, bien que rarement utilisé aujourd’hui, n’a jamais été exposé au grand public m’a fait apprécier le privilège que j’avais de me trouver là ce jour-là !

Le Salon Empire

Dans le Salon des Oiseaux
La "presse à sceller" utilisée pour apposer le sceau de la République

J’espère que ces visites vous ont plues. Personnellement, j’étais vraiment contente d’utiliser l’excuse des JEP pour sortir et découvrir ces trésors de Paris ! Et vous, qu’avez-vous découvert comme lieu.x ce week-end là ? Je suis curieuse, et je cherche des idées pour l’an prochain 😉

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