Prague, Voyage, Week-end

Un week-end vert à Prague – Jour 2

Après un premier aperçu de Prague dans l’article du Jour 1 avec la colline de Petřín, la Vieille-Ville et Vyšehrad, on continue avec le Jour 2 de ce week-end tchèque, riche en couleurs. Un petit conseil, asseyez-vous et prenez même un petit thé pour dérouler cet article ! 😇

 

Jour 2. Quartier du Château, Malá Strana et bords de la Vltava.

Dimanche, 9h.

Un réveil plus en douceur que la veille. Comme d’habitude, j’oublie de manger mon petit-déjeuner. Nous partons plus tard que prévu, et risquons d’être en retard pour la relève de la garde du Château à 11h. Nous traversons à nouveau la colline de Petřín mais ne la descendons pas cette fois. Nous passons devant la Tour de Petřín, qui ressemble à une mini tour Eiffel, le Labyrinthe de miroir, la cathédrale de Saint Laurent. On ralentit un peu aux environs du Château, et ratons sans surprise la relève de la garde. Par hasard, on capte la connexion WiFi d’un Starbucks enfoui dans un sous-bassement et on s’arrête, profitant de la vue et attendant la relève de midi, seule attraction que l’on fera au Château, la file et l’attente pour y entrer nous ayons découragé. Nous n’avons pas été déçues de la relève du dimanche midi, sûrement la plus faste de la semaine. Nous avons même dansé au son des clairons et autres instruments, avant d’aller visiter le quartier de Malá Strana.

A savoir : le Château de Prague n’est pas comme nous l’entendons en France. Il ne s’agit pas d’un château à proprement parler, mais d’une sorte de quartier enfermé dans une enceinte, avec la Cathédrâle Saint-Guy pour partie la plus visible depuis l’extérieur. Comme toutes les activités et visites touristiques de Prague, l’entrée est payante.

L'enceinte du Château et son imposante cathédrale
Prague vue de son Château

Avant de flâner dans Malá Strana, un quartier sur la rive gauche de la Vltava, nous avons déjeuné dans un genre de brasserie et j’ai pour la première fois pris un plat typique d’Europe centrale/de l’Est : de la goulash soup accompagnée de knedliky, sorte de pain bouilli (un peu fade). En République tchèque, les plats traditionnels sont des plats en sauce avec essentiellement de la viande et peu de légumes.

On continue ensuite de flâner jusqu’à ce qu’on tombe sur un immense mur blanc, avec pour seule ouverture, une petit porte tout au bout. On fait nos curieuses et on passe le pas : nous découvrons alors le palais et le jardin de Wallenstein. Des arbustes taillés en labyrinthe nous accueillent. A droite ou à gauche ? On commence par aller tout droit, on tombe sur un paon qui se pavane le long d’un mur, on prend la gauche pour mieux l’observer. Des statues de bronze, des fontaines, des bancs, et puis tout au fond, ce mur de stalactites. Emerveillée, mon amie est contente d’avoir enfin trouvé ce mur, qu’elle cherche depuis quelques mois de présence à Prague. Visages, animaux, monstres, ils se sont glissés parmi des stalactites ordinaires et artificielles. De l’autre côté du jardin, un bassin où carpes et herbes folles coulent des jours heureux il me semble. Un soleil de plomb est apparu trop tôt et donnait des ombres peu flatteuses aux abords du bassin. Et puis, cette petite voix : « It’s beautiful ! ». Celle d’Irena, 80 ans, en fauteuil roulant, qui a vu en ma présence un peu de compagnie quand sa fille était partie chercher du café.

Plats typiques tchèques (très viandus en sauce)
Le grotto, un mur de stalactites imitant une grotte. Des formes d'animaux, de visages et de monstres s'y cachent.
Palais Wallenstein

Irena, 80 ans.

Irena, une Tchèque de 80 ans. Elle m’a abordé pour rompre cinq minutes de solitude.

Très fière de sa ville, elle m’en vante la beauté, la multitude de parcs où se promener. Elle me parle aussi de ses enfants et petits-enfants qu’elle voit trop rarement, mais qui ont la chance de construire leur vie comme ils veulent et où ils veulent. Les pros and cons de notre époque. Elle me parle de sa jeunesse, du communisme, de ses cours du soir pour apprendre l’anglais et d’autres angues comme le français, pour ainsi s’ouvrir au monde. Elle bafouille quelques mots, je la comprends. Elle sourit, puis pleure. Le communisme est toujours là, au fond, menaçant et destructeur.

Elle me demande d’où je viens, et d’où vient mon nom. Tahiti, et îles Marquises. Deux noms évocateurs, en particulier le deuxième qui l’a immédiatement renvoyé à Paul Gauguin, qui a passé une grande partie de sa vie là-bas, et y a expiré son dernier souffle. J’étais étonnée qu’elle connaisse Gauguin. Il fait partie de ses découvertes des cours du soir.

Elle me demande si c’est ma première fois à Prague, si j’aime. Elle me conseille le Vojanovy sady, un parc où se promener. Je lui promets de me souvenir du nom, pour quand je reviendrai à Prague.

La fille d’Irena arrive avec deux cafés, me toise, méfiante. Irena lui dit quelques mots, parle de la France et des Marquises. Je prends une photo d’elle, ma « mamie tchèque », et les laisse. Mon amie m’attendait, patiente.

 

Note : Budapest et Prague sont deux capitales de pays ayant subi le joug communiste, mais aujourd’hui, elles n’appréhendent pas cette période de la même manière. Tandis qu’à Budapest, il semble y avoir une volonté d’oublier pour aller de l’avant, Prague semble plutôt vouloir dénoncer cette époque, la montrer pour qu’on n’oublie pas le mal que c’était et pour que ça ne recommence pas. Ainsi, à Budapest toutes les statues et autres traces du communisme « visibles » ont toutes été rassemblées hors de la ville, hors de vue, à 12km dans le Memento Park, alors qu’à Prague, des artistes ont érigé des œuvres d’art destinées à dénoncer ce régime. Cette analyse n’engage que moi, elle est peut-être erronée.

Après ce petit aparté au jardin de Wallenstein, on poursuit vers les bords de la Vltava. Les cygnes de l’île Kampa leur donne un aspect singulier, et le Pont Charles se laisse admirer de plus près. On revient dans les rues de Malá Strana, aux façades colorées, souvent roses. On trouve parmi ses rues la plus étroite de Prague, où des feux piétons évitent les collisions malencontreuses. On continue vers le John Lennon Wall, le fameux mur où tags et graffitis prônant la liberté s’accumulent et se disputent la place, à l’image des touristes nombreux qui veulent une photo devant ce mur. Si vous vous promenez dans le coin, vous ne manquerez pas les statues de David Černý, que personnellement je n’aime pas trop donc que vous ne retrouverez pas là (à part les pingouins jaunes).

La rue Vinarna Certovka, la plus étroite de Prague

Le fameux John Lennon Wall
Les pingouins de Kampa, du sculpteur Tchèque David Černý, avec le Pont Charles en arrière-plan

Il nous reste un peu de temps et on traverse le Pont Charles pour rejoindre la rive droite. J’en profite pour faire un vœu car paraît-il, une des trente statues a le don de les exaucer. Comme si nous n’en avions pas vu assez, on va chercher des coins verts sur les îles de la Vltava puis on descend un peu vers le sud pour prendre une photo de la Maison qui danse. Dîner prévu au Vytopna Railway Restaurant à 20h, nous avons le temps d’y aller à pied. On s’enfonce un peu plus vers l’est, passant par de petits parcs et par le palais Lucerna, un chef d’œuvre de l’Art Nouveau et qui abrite le plus vieux cinéma de Prague et une œuvre de David Černý. Enfin, on arrive sur la place Venceslas, où se trouve le restaurant. Une véritable attraction d’ailleurs, avec les boissons servies à bord de wagons ! Enfin, nous avons terminé notre soirée dans un bar dont le nom m’échappe, mais dont j’ai gardé un bon souvenir.

Le Théâtre national et autres façades colorées sur la rive droite de la Vltava

La Maison qui danse, sur la rive de la Vltava
Kino Lucerna, le plus ancien cinéma de Prague
Le Kůň ou « Cheval », de David Černý
Grand Hotel Europa, sur la place Venceslas

Et voilà, le carnet de voyage de ce petit week-end à Prague est terminé. J’espère qu’il vous a plu malgré sa longueur, et que les photos rendent honneur à la beauté de cette ville. J’ai eu du mal à les trier, j’en avais tellement ! Que pensez-vous de celles que j’ai choisies de vous montrer ? Est-ce qu’elles vous donnent envie d’en voir plus ? 🙂

Même si j’ai moins organisé ce séjour que d’habitude, puisque je n’ai pas cherché de logement ni réfléchi aux itinéraires, j’essaierai de faire un cityguide, comme pour Budapest, pour vous aider à organiser vos prochains séjours à Prague.

Sur ce, je vous souhaite un bon week-end et de bonnes vacances pour les juilletistes !