Albanie, Voyage

Albanie : choix et impressions sur cette destination

Fin septembre, l’Amoureux et moi avons découvert l’Albanie, un des pays les moins connus de l’Europe, dans les Balkans. Ce voyage de 9 jours était court et intense et nous a donné déjà un grand aperçu du pays, de son histoire et de ses habitants. Je vous donne ici mes impressions sur ce pays plein de surprises 🙂

Pourquoi l’Albanie ?

Certains parmi mes amis, mes collègues et vous m’ont posé la question, et à juste titre. Nous n’avons pas choisi directement cette destination, le processus a été un peu long avant d’arriver à cette conclusion qu’est l’Albanie. Nous savions que nous pouvions partir une semaine (soit 9 jours). Je souhaitais aller en montagne tandis que l’Amoureux voulait plutôt un côté plage (nous n’avons pas du tout été à la plage cet été, autant vous dire qu’il a finalement bien fait de réclamer ce point). Et en même temps, on visait un territoire pas trop grand, donc soit une région, soit un « petit » pays, pour ne pas être trop frustré de ne « pas tout voir ». On a alors pensé à plusieurs endroits : les Asturies en Espagne, les Dolomites en Italie (j’en rêve depuis plus d’un an !), le Monténégro et, par hasard, l’Albanie. L’Amoureux a balancé le nom vite fait parce qu’il a vu que le coût de la vie y était faible. Par élimination, on est arrivé au duo Monténégro / Albanie. J’avais des images du Monténégro en tête, notamment grâce à Pauline de World Else, et de l’Albanie grâce à Black&Wood, et pourtant j’avais presque oublié celles de l’Albanie, j’avais du mal à imaginer un ensemble cohérent quand je voyais des plages d’eau turquoise et des moutons dans les Alpes. J’ai d’abord choisi le Monténégro, la raison l’emportant par la taille du pays (Monténégro < Albanie). Et puis, vous voyez cette impression d’avoir fait le mauvais choix ? Ce petit noeud dans le ventre ? Eh bien je l’ai eu pendant quelques jours lorsque je pensais à l’Albanie, délaissée au profit du Monténégro. Du coup voilà, un jour j’ai dit à l’Amoureux qu’on devait aller en Albanie. Pas de raison particulière, si ce n’était cette impression que c’est ce pays que nous devions aller voir là tout de suite, ce pays que je n’arrivais pas à imaginer alors que je suis littéralement tombée en pâmoison devant les photos de Black&Wood lorsqu’ils ont publié leurs articles sur l’Albanie un an plus tôt (et dire qu’au début, lorsqu’on choisissais les destinations, je les avais oubliées !). Eh bien je peux vous dire une chose : lorsque ce choix fut fait, je me sentais légère au possible. C’était la bonne !

Donc voilà. Rien de très rationnel finalement. Mais est-ce bien important ? Non 🙂

Quels a priori sur l’Albanie ?

Pour ma part, c’est très simple : je n’avais absolument aucun préjugé sur l’Albanie. Ni positif, ni négatif, je ne savais absolument pas à quoi m’attendre, ni sur la population, ni sur les paysages ! Et ce malgré les articles de Black&Wood comme expliqué plus haut.

En discutant avec certains proches, j’ai néanmoins appris que les Albanais ont mauvaise presse en France. Le pays fait peur, on dit qu’il est dangereux et les Albanais aussi. Bref, je n’ai entendu que des impressions négatives. Mais ne connaissant absolument rien du pays, et ayant très hâte d’y aller, j’écoutais mais heureusement ces impressions ne m’ont pas imprégnée. J’étais prête à découvrir complètement, comme un cahier vierge est prêt à accueillir des écrits à la rentrée des classes (quelle métaphore n’est-ce pas haha).

Mes impressions d’après ce que j’ai vu en 9 jours sur place

Premièrement, tout ce qu’on m’a dit — tout sauf le fait que ce n’est pas une destination de vacances très commune — s’est révélé être faux. Je n’ai ressenti aucune insécurité dans tous les lieux où nous nous sommes rendus. Certes, nous ne nous sommes sûrement pas aventurés dans les zones les plus dangereuses, mais le fait est que je n’ai jamais eu l’impression de « devoir faire attention », contrairement à Paris par exemple. Au contraire, les Albanais étaient plutôt « attentifs » aux touristes (quand ils n’étaient pas intrigués parce qu’ils en voient peu) et cela se voyait dès l’arrivée à l’aéroport, où certains discutaient avec les touristes pour leur demander ce qu’ils allaient faire et leur souhaiter la bienvenue dans leur pays. Si vous avez l’air d’un touriste perdu, soyez sûr par exemple que quelqu’un viendra proposer son aide sans que vous n’ayez rien demandé !

Oui parce que pour eux, les touristes sont « précieux » si je puis dire comme ça. L’Albanie est l’un des pays les plus pauvres d’Europe et est sortie du communisme en 1992 seulement après 47 ans sous cette dictature, ce qui explique pourquoi elle est très peu développée touristiquement aujourd’hui. Il en ressort deux choses : le pays a été tellement marqué par cette époque que les traces sont toujours bien présentes, et les touristes sont peu nombreux aujourd’hui parce que justement pendant presque 50 ans, le pays était quasiment interdit aux touristes.
Conséquence : beaucoup d’Albanais, ceux qui sont nés pendant l’ère communiste et jusq’au début des années 2000 environ, n’avaient jamais vu d’étranger ni entendu parler de ce qui se passait et existait en dehors de leur pays avant la fin du communisme. Du coup pour eux, c’est « nouveau » et ils apprennent, ils découvrent. Les « anciens » sont donc encore assez farouches, ils observent beaucoup (parfois avec insistance), mais il n’y a rien de méchant. Les jeunes au contraire, avec l’accès à Internet et aux informations d’ailleurs, sont moins « perdus » que leurs aînés. Dans les deux cas, ils sont bien heureux de la fin du communisme et ont conscience de l’importance de ce lien avec l’étranger et donc des touristes pour leur pays et pour eux, après avoir été privés de contact avec l’extérieur pendant des décennies.

Si vous vous demandez quelles sont les traces du communisme que l’on peut voir, ce sont essentiellement les bâtiments et leur architecture, la conduite des gens qui prouvent qu’ils n’ont jamais appris à conduire (ils ont tous eu le permis d’un coup à la fin du communisme haha) (j’en reparlerai dans mon guide sur l’Albanie), les nombreux paysans avec leurs ânes qui marchent en bord de route (même à côté de voies à 90kmh/h), et aussi (désolée d’avance, ça fait très jugement), le mauvais goût général, qui montre d’une certaines manières que l’Albanie est restée « bloquée » dans les goûts des années 40-50 et n’ont eu aucun aperçu de ce qui se fait à l’étranger pendant un long moment.

Maintenant, tout de même, on sent que le pays se relève doucement. Je disais au début du voyage que pour moi, ils ne sont pas remis du communisme et un guide avec qui j’ai fait un tour à Tirana a dit la même chose. Il pense qu’il faut encore au moins une génération pour que le pays aille réellement de l’avant et que le communisme appartienne vraiment au passé.

Ensuite, en ce qui concerne le pays en termes de paysages : l’Albanie est tout simplement INCROYABLE ! Pour résumer, le pays fait la taille de la Bretagne à peu près, et sur cette (petite) surface, on trouve des paysages de la Côte d’Azur, des Landes, des Alpes (genre vraiment hautes montagnes avec plein de sapins), de Camargue, de Bretagne, et même d’autres paysages propres à l’Albanie, avec par exemple des montagnes aux courbes douces et arrondies. On en a pris plein la vue, et je suis vraiment soufflée : nous qui voulions de la plage et de la montagne, on ne pouvait être plus comblés qu’en Albanie ! Nous n’avons pas pu visiter tout le pays (9 jours c’est quand même pas énorme), et nous comptons y retourner une prochaine fois pour continuer à explorer ce pays qui est largement sous-estimé. Mais on se doute que dans 2-3 ans, elle deviendra sans doute LA nouvelle destination de vacances en Europe, surtout quand les gens se rendront compte que c’est JUSTE à côté de la Grèce, et qu’il y a des plages aussi belles !

Enfin, je dois quand même parler d’une chose qui m’a déçue, et qui j’espère changera dans les années à venir : la pollution. Les Albanais jettent leurs déchets absolument partout. Dès qu’ils n’ont plus besoin de quelque chose, ils la balancent. J’explique cela par deux choses.
Tout d’abord, c’est ma première hypothèse : le pays est sorti du communisme il y a peu, et pour l’instant, on ne peut pas dire que tous les Albanais aient obtenu un confort décent. Les progrès à faire sur le social est largement prioritaire sur l’environnement pour eux je pense. L’environnement n’est pris en compte que dans certaines situations, par exemple pour protéger des sites naturels de grands projets de construction (exemple : construction de barrage qui risque d’inonder tout un canyon ou une vallée).
Deuxième hypothèse : avoir quelque chose à jeter est un signe de « richesse ». En effet, pendant le tour guidé de Tirana, on nous a expliqué que pendant l’ère communiste, la population ne possédait tellement RIEN qu’ils n’avaient absolument rien à jeter. Vers la fin des années 80, les gens ont commencé à pouvoir s’acheter des bouteilles plastiques, et ils ont découvert les objets très colorés (grâce aux étiquettes sur les bouteilles) et plus simplement, des objets qui peuvent leur appartenir à eux, rien qu’à eux, et non pas à la communauté. Le guide nous a dit qu’ils exposaient même leurs bouteilles en plastique dans leurs maisons, au même titre qu’une photo de famille par exemple. Pourquoi ? Parce que ça signifiait qu’ils avaient les moyens d’acheter ces bouteilles. Et je pense qu’inconsciemment, ce raisonnement a survécu jusqu’à aujourd’hui, et que « jeter » est devenu une preuve de richesse malheureusement.
En parlant des couleurs, je pense que c’est également pour ça que les Albanais s’appliquent à peindre leurs maisons et immeubles de toutes les couleurs haha !

Voilà, vous connaissez mon avis sur l’Albanie ! Vous l’aurez donc sûrement compris : c’est un pays que je recommande fortement, avec quelques recommandations tout de même que je préciserai dans le guide que j’écrirai par ici.

Alors, est-ce que déjà ce premier aperçu vous donne envie d’y aller ou au moins vous intrigue ? 🙂

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