Culture & Traditions, Polynésie

Le Heiva tu’aro maohi

Tu’aro maohi signifie sport traditionnel polynésien. Le Heiva tu’aro maohi est donc l’ensemble des concours de sports traditionnels. Après les courses de porteurs de fruits, voici venu le temps du lancer de javelot, du lever de pierre, du coprah et du grimper de cocotier dans les jardins du Musée de Tahiti et ses îles.

Sur les deux journées, les samedi 16 et dimanche 17 juillet, j’ai assisté à la deuxième. Au programme : lancer de javelot avec les jeunes et les femmes, lever de pierre en catégories lourd, super lourd et extra lourd, coprah en individuel homme et grimper de cocotier.

 

Le lancer de javelot

Le lancer de javelot est un sport d’adresse qui, contrairement au sport olympique, consiste ici à atteindre une cible, une noix de coco placée en haut d’un mât de 7,5 à 9,5 m de hauteur et située à une distance de 22 m, avec des javelots. Les javelots de chaque athlète ou équipe sont facilement reconnaissables grâce à des bandes colorées. Les athlètes et équipes ont 7 minutes par manche pour atteindre la cible avec le maximum de javelots dans la limite du nombre autorisé. Lorsque la manche est terminée, les athlètes récupèrent leurs javelots, le jury récupère la cible et les javelots qui y sont plantés afin de comptabiliser les points, puis on passe à la manche suivante.

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Le lever de pierre

Le lever de pierre consiste à soulever une pierre d’un certain poids (jusqu’à 160 kg pour la catégorie extra lourd) le plus rapidement possible. Le temps est compté dès que la pierre décolle du sol, et arrêté dès que l’athlète réussit à la tenir en équilibre sur l’épaule et d’une seule main. Avant le début des épreuves, les pierres utilisées sont bénies. Entre le passage de chaque athlète, elles sont essuyées pour en retirer la sueur, preuve de l’effort intense.

Avant de commencer à soulever la pierre, les athlètes essaient de connaître la pierre. Ils doivent trouver leurs repères, savoir comment l’attraper pour mieux la soulever et ainsi être rapide. Les pierres anguleuses sont plus faciles à porter que les pierres plus rondes car ces dernières n’offrent aucune réelle prise et glissent plus facilement. Malgré cela, les athlètes de la catégorie « lourd » ont préféré la pierre ronde de 140 kg à la pierre anguleuse de 152 kg. Les plus rapides mettent environ 4 à 5 secondes à soulever les pierres dans ces catégories.

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Le coprah

Pour la première fois, j’ai assisté à cette épreuve avec des concurrents seuls. L’an dernier, j’ai vu l’épreuve par équipe (elle a eu lieu le samedi cette année). L’épreuve peut être découpée en trois temps. Tout d’abord, il faut couper en deux à l’aide d’une hache toutes les noix de coco et séparer complètement chaque moitié de l’autre moitié. Ensuite, il faut retirer la chair des noix avec un outil très coupant. J’ai aperçu un candidat qui s’est coupé au niveau du pouce mais il a refusé qu’on le soigne avant qu’il ait terminé l’épreuve. D’autres candidats avaient également des bandages. Après avoir décortiqué toutes les noix, il faut mettre toute la chair de coco ainsi obtenue dans de grands sacs et empiler les noix. Chaque candidat devra ainsi récolter la chair de 60 noix de coco.

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Comme il me l’avait dit à la courses de porteurs de fruits, Steeve a participé à cette épreuve. Il a terminé parmi les premiers. J’ai découvert, sans surprise, que tout le monde l’appelle “Rasta”.

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J’étais contente de le revoir. Ça me faisait une personne à encourager, comme lorsque les parents assistent aux spectacles et aux compétitions de leurs enfants. Ça donne une toute autre dimension à un événement que de connaître quelqu’un qui y participe. On n’est plus simple spectateur, mais on vit avec la personne encouragée. On saute de joie lorsqu’elle gagne ou au contraire, on la soutient jusqu’au bout en cas de difficulté. Dans tous les cas, on la félicite 🙂

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Le grimper de cocotier

Pour cette épreuve, un des nombreux cocotiers du jardin du Musée se voit retiré son anneau anti-rat. Afin de délimiter la limite à franchir pour valider l’épreuve, un pareu (ou pareo) est attaché à une dizaine de mètres de hauteur. Ensuite, les athlètes essaient chacun leur tour de grimper le plus rapidement possible. Le vainqueur a mis moins de 6 secondes, une montée rapide et impressionnante. Pour s’aider, la plupart des concurrents attachent leurs deux pieds ensemble avec une cordelette. Cette année, tous les athlètes ont réussi à atteindre la limite.

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Grimper au cocotier en 3 étapes

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On recommence jusqu’à atteindre la limite fixée par le jury, à une dizaine de mètres de hauteur. Une fois arrivés en haut, certains saluent le public et n’hésitent pas parfois à lâcher complètement le tronc pour ce faire.

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Les jardins du Musée sont de grands espaces très agréables où, en dehors de ce genre de manifestation, il est agréable de passer du temps en famille. Espaces verts avec vue sur Moorea, située à 17 km de Tahiti, et cocotiers “décocotés” pour plus de sécurité, cet endroit a tout pour plaire.

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Cette journée ensoleillée (ce qui, contrairement à ce qu’on peut penser, n’est pas toujours le cas sous les tropiques !) était vraiment superbe et moins fatigante que ce que je pensais. Des athlètes performants et amoureux de leur culture, et un public toujours plus nombreux: l’ambiance était au rendez-vous ! J’espère avoir la chance d’assister à des événements culturels de ce genre au cours de prochains voyages. Et pour vous, est-ce que l’aspect culturel d’un pays est important en voyage ?

Je vous souhaite un bon week-end ensoleillé !

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